Le trou de mémoire de Virginia Thomas


Le 5 novembre 2020, Virginia Thomas, femme du juge de la Cour suprême Clarence Thomas, relaie une rumeur délirante dans un de ses 29 courriels fiévreux au chef de cabinet de la Maison-Blanche, Mark Meadows : « La famille criminelle de Biden et les co-conspirateurs de la fraude électorale (élus, bureaucrates, propagateurs de la censure sur les médias sociaux, reporters des faux médias, etc.) sont arrêtés et détenus pour fraude électorale en ce moment [ou le seront] dans les jours à venir, et vivront sur des barges au large de GITMO pour être jugés par des tribunaux militaires pour sédition. »

Le 24 novembre 2020, Virginia Thomas remercie Mark Meadows de soutenir dans un courriel précédent son combat pour renverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020, même si elle avoue traverser une période très stressante : « Merci. J’avais besoin de ça, en plus d’une conversation avec mon meilleur ami à l’instant. Je vais essayer de tenir le coup. »

Quand les courriels de Mark Meadows ont été rendus publics, en mars dernier, tout le monde a tenu pour acquis que le « meilleur ami » de Virginia Thomas était son mari. La grande question était de savoir de quoi les Thomas avaient parlé. Elle a été évidemment posée lors de l’interview à huis-clos de Virginia Thomas devant la commission du 6-Janvier, interview dont la transcription a été publiée le 30 décembre.

Voici la réponse de Virginia Thomas : « J’aimerais pouvoir m’en souvenir mais je n’ai aucun souvenir des détails. Mon mari administre souvent un soutien conjugal à la femme qui est contrariée. Je suppose donc que c’est ce qui s’est passé. Je n’en ai pas de souvenir précis. »

Il va sans dire que Virginia Thomas aurait soulevé une controverse énorme si elle avait avoué avoir parlé à son mari de ses efforts pour subvertir la démocratie américaine. Et même si elle ne l’a pas fait, son rôle dans les efforts anti-démocratiques de Donald Trump aurait dû inciter son mari à se récuser de toute affaire concernant l’élection présidentielle de 2020, ce qu’il se refuse encore aujourd’hui de faire.

Lors de son interview devant la commission du 6-Janvier, Virginia a juré que la politique était le dernier des soucis de Clarence. « Mon mari ne s’intéresse pas à la politique. Je ne discute généralement pas avec lui de mon travail quotidien en politique, de la politique – des sujets sur lesquels je travaille, des personnes que j’appelle, de celles à qui j’envoie des courriels, des textos ou des réunions auxquelles je participe », a-t-elle dit.

À la décharge de Virginia Thomas, il faut dire qu’elle est loin d’être l’unique personne à avoir invoqué un trou de mémoire en répondant à une question délicate de la commission du 6-Janvier.

(Photo AP)


We will be happy to hear your thoughts

Leave a reply

Shopping cart