La lettre du gouverneur du Texas à Biden


Pour la première fois depuis son investiture en tant que président, il y a près de deux ans, Joe Biden a visité la frontière américano-mexicaine, exauçant ainsi un souhait maintes fois répété par ses critiques républicains, qui l’accusent de ne rien faire pour stopper l’immigration illégale. L’un de ces critiques, le gouverneur du Texas Greg Abbott, a accueilli le président démocrate à sa descente d’Air Force One à El Paso, où il lui a remis une lettre dont son bureau s’est assuré par la suite de diffuser le contenu.

« Votre visite à notre frontière sud avec le Mexique aujourd’hui arrive avec un trou de 20 milliards de dollars et un retard de deux ans », a pu lire dans la lettre du gouverneur, qui entame son troisième mandat et nourrit probablement des ambitions présidentielles. « De plus, votre visite évite les sites où se produit l’immigration illégale massive et contourne les milliers de propriétaires texans en colère dont la vie a été détruite par vos politiques frontalières. »

Devant les journalistes, Abbott a également accusé Biden d’avoir « créé le chaos » à la frontière sud.

La visite de Biden à El Paso a marqué un tournant dans sa présidence. Il y a deux ans, il a abandonné plusieurs des politiques migratoires de Donald Trump, redonnant espoir à quantité de migrants d’Amérique du Sud qui cherchaient à fuir aux États-Unis des situations économiques ou politiques difficiles. Jeudi dernier, il a annoncé de nouvelles mesures qui visent à endiguer le flot des migrants dans des secteurs frontaliers comme celui d’El Paso, où la situation est devenue intenable.

L’une de ces mesures consiste à étendre le recours au « Title 42 », cette règle sanitaire maintenue en place par la Cour suprême le mois dernier et qui permet aux autorités américaines d’expulser quiconque ne dispose pas d’un visa, même les demandeurs d’asile potentiels. Une autre mesure permettra aux autorités de punir les demandeurs d’asile qui traversent la frontière illégalement ou qui n’ont pas demandé la protection d’autres pays en cours de route.

Les défenseurs des droits des migrants ont dénoncé vivement les nouvelles règles, accusant l’administration Biden d’adopter les politiques « inhumaines » de l’administration précédente. Les conseillers du président trouvent injuste la comparaison, notant que les mesures annoncées jeudi dernier permettront notamment à 30 000 migrants par mois en provenance du Venezuela, du Nicaragua, de Cuba et d’Haïti d’obtenir des permis de deux ans pour vivre et travailler aux États-Unis.

Les républicains ont dénoncé ces mêmes mesures, les jugeant insuffisantes ou trop libérales pour renverser le flot de migrants à la frontière sud.

Une chose est certaine : ce tournant dans les politiques migratoires de Joe Biden n’est pas étranger à ses propres ambitions présidentielles. Dans certains États clés, dont l’Arizona, il risquerait la défaite en 2024 si la situation ne s’améliore pas à la frontière sud.

(Photos AP)


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